ISRAËL - Actualité (1990-1996)


ISRAËL - Actualité (1990-1996)
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État d’Israël

Politique intérieure

Le 12 février 1990, Ariel Sharon, chef de file de l’aile dure du Likoud (droite nationaliste), démissionne du gouvernement.

Le 13 mars, à la suite de divergences concernant l’établissement d’un dialogue israélo-palestinien préalable à l’organisation d’élections dans les territoires occupés, le Premier ministre Itzhak Shamir, chef du Likoud, limoge Shimon Peres, leader du Parti travailliste, provoquant ainsi l’éclatement de la coalition d’union nationale au pouvoir depuis 1984. Le 15, le gouvernement d’Itzhak Shamir, formé en décembre 1988, est mis en minorité à la Knesset. Le 20, le président Haïm Herzog charge Shimon Peres de former un nouveau gouvernement; le 26 avril, ce dernier reconnaît son échec.

Le 8 juin, Itzhak Shamir signe un accord de coalition avec la plupart des partis religieux orthodoxes et les petites formations de l’extrême droite nationaliste, faute de pouvoir reconduire l’alliance avec les travaillistes. Le 11, le nouveau gouvernement d’Itzhak Shamir obtient l’investiture de la Knesset.

Le 8 octobre, 22 Palestiniens sont tués par les forces de sécurité après des affrontements survenus sur l’esplanade des Mosquées, à Jérusalem, entre des musulmans et des juifs d’extrême droite. Le 3 novembre, le gouvernement rejette le rapport du secrétaire général de l’O.N.U., Javier Pérez de Cuéllar, préconisant des mesures destinées à «assurer une meilleure protection des Palestiniens».

Le 5 novembre, le rabbin Meir Kahane, dirigeant du mouvement sioniste d’extrême droite Kach en Israël et fondateur de la Ligue de défense juive aux États-Unis, est assassiné à New York.

Les 15 et 16 janvier 1992, retrait du gouvernement des partis d’extrême droite Tehiya, puis Moledet. Ils craignent que le projet de statut d’autonomie ne débouche sur la création d’un État palestinien dans les territoires occupés.

Le 23 juin, les élections législatives anticipées sont remportées par le Parti travailliste d’Itzhak Rabin (44 sièges), qui devance le Likoud au pouvoir (32 sièges).

Le 2 juillet, le président Herzog charge Itzhak Rabin de former le gouvernement, qui est investi le 13 par la Knesset. Sa composition reflète la coalition de gauche, étendue au parti ultra-orthodoxe séfarade Shas.

Le 5 août, le gouvernement suspend la colonisation «privée» dans les territoires occupés de Cisjordanie et de Gaza.

Le 16 décembre, le Premier ministre décide l’expulsion de 415 Palestiniens vers le Liban, décision condamnée le 18 par le Conseil de sécurité de l’O.N.U.

Le 19 janvier 1993, la Knesset abroge la loi de 1986 qui interdisait tout contact entre les citoyens israéliens et les membres de l’O.L.P.

Le 24 mars, la Knesset élit Ezer Weizman à la présidence de l’État.

Le 29 juillet, la Cour suprême acquitte au bénéfice du doute John Ivan Demjanjuk, condamné à mort en avril 1988 pour crimes contre l’humanité, crimes contre le peuple juif et crimes de guerre en raison de ses activités présumées dans le camp d’extermination de Treblinka, sous le surnom d’Ivan le Terrible.

Le 3 octobre, l’armée lance une vaste offensive dans les territoires occupés contre le mouvement islamiste Hamas. Le 19, à la demande de Yasser Arafat, le chef de l’O.L.P., Israël libère le plus ancien prisonnier politique palestinien, Salim Hassan Al Zreii, détenu depuis 23 ans. Le 21, Assaad Saftaoui, membre éminent du Fath (principale composante de l’O.L.P.) et proche de Yasser Arafat, est assassiné à Gaza. Les 25 et 26, un premier groupe de 700 prisonniers est remis en liberté. Le 30, au lendemain de l’assassinat de l’un des leurs, les colons juifs de Cisjordanie engagent de violentes opérations de représailles. Le 13 novembre, Yasser Arafat condamne pour la première fois le meurtre d’un colon juif par un Palestinien.

Le 2 novembre, Ehud Olmert, membre du Likoud, est élu maire de Jérusalem, battant le travailliste Teddy Kollek. Les travaillistes dirigeaient la Ville sainte depuis 1948.

Le 15 décembre, les derniers des 415 Palestiniens expulsés vers le Liban en décembre 1992 regagnent la Cisjordanie et Gaza.

Le 25 février 1994, un colon juif, Baruch Goldstein, membre du mouvement d’extrême droite raciste Kach, ouvre le feu sur les fidèles musulmans réunis à l’intérieur du Caveau des patriarches, à Hébron, en Cisjordanie: 52 Palestiniens sont tués. Yasser Arafat suspend les négociations de Washington et réclame l’envoi d’une force internationale pour protéger les Palestiniens des territoires occupés. Itzhak Rabin condamne fermement le massacre, mais rejette le déploiement d’une force de l’O.N.U. Durant plusieurs jours, des affrontements meurtriers entre Palestiniens et forces de l’ordre ont lieu dans les territoires occupés et à Jérusalem-Est.

Le 13 mars, le gouvernement interdit 2 mouvements extrémistes juifs. Le même jour, il autorise les soldats à tirer sur les colons en cas de nécessité. Le 18, l’O.N.U. «condamne énergiquement» le massacre d’Hébron et demande que «des mesures soient prises pour garantir la sécurité et la protection des civils palestiniens» des territoires occupés. Le 31, des représentants israéliens et palestiniens signent, au Caire, un accord sur le déploiement de 160 observateurs internationaux dans la ville d’Hébron. C’est la première fois qu’Israël tolère une présence étrangère armée dans les territoires occupés.

Le 6 avril, un attentat-suicide à la voiture piégée revendiqué par le Hamas fait 8 morts à Afoula, en Galilée. Le 13, un attentat similaire à Hadera, au nord de Tel-Aviv, fait 6 morts. Israël renforce sa lutte contre le Hamas et affirme sa volonté de poursuivre le processus de paix.

Le 9 octobre, le Hamas enlève un soldat israélien et réclame la libération de militants islamistes. La tentative de l’armée pour le faire libérer, le 14, est un échec. Le 19, un attentat-suicide à la bombe contre un autobus, à Tel-Aviv, fait 23 morts. Ces actions terroristes, qui tendent les relations israélo-palestiniennes, n’empêchent pas la poursuite des négociations du Caire.

Le 22 janvier 1995, un double attentat-suicide revendiqué par le Djihad islamique fait 21 morts, principalement des soldats, à Netanya, au nord de Tel-Aviv.

Le 9 avril, 8 Israéliens dont 7 soldats sont tués dans 2 attentats-suicides à Gaza, qui sont revendiqués par le Djihad islamique et le Hamas. La police palestinienne interpelle plus de 250 militants islamistes en 2 jours.

Le 27 avril, le gouvernement décide de saisir 53 ha de terres palestiniennes situées à Jérusalem-Est, afin de construire des logements pour les juifs immigrés. L’Autorité palestinienne élève de vives protestations. Le 17 mai, les États-Unis opposent leur veto à l’adoption d’une résolution de l’O.N.U. qui demandait à Israël d’annuler les expropriations foncières annoncées. Le 22, le gouvernement suspend les saisies de terres contestées. Le Likoud menaçait de voter une motion de censure déposée à ce sujet par les députés arabes.

Le 24 juillet, un attentat-suicide contre un autobus, près de Tel-Aviv, qui est revendiqué par le Hamas, fait 6 morts. Le 21 août, une action identique cause la mort de 5 personnes à Jérusalem.

Le 4 novembre, Itzhak Rabin est assassiné par un extrémiste israélien, Yigal Amir, membre d’un groupuscule d’extrême droite. Le Likoud et certains responsables religieux sont mis en cause pour avoir entretenu un climat de haine dirigé contre les responsables du processus de paix israélo-palestinien. Le 6, les obsèques d’Itzhak Rabin rassemblent 1 million d’Israéliens et des dizaines de chefs d’État et de gouvernement, dont le président égyptien Honi Moubarak et le roi Hussein de Jordanie qui se rendent, à cette occasion, pour la première fois à Jérusalem depuis 1967. Les autorités jugent inopportune la présence de Yasser Arafat.

Le 22 novembre, Shimon Peres, nommé Premier ministre, présente son gouvernement et affirme son intention de poursuivre l’œuvre de son prédécesseur.

Le 5 janvier 1996, dans la bande de Gaza, l’artificier du Hamas, Yehia Ayache, présumé responsable de nombreux attentats en Israël, est tué par l’explosion de son téléphone portable piégé. Le Shin Beth, le service de sécurité intérieure israélien, est soupçonné d’être l’auteur de l’opération.

Le 20 janvier, Yasser Arafat est élu à la présidence de l’Autorité palestinienne, avec 88,1 p. 100 des suffrages. Le Fatah et ses alliés remportent une large majorité au sein du Conseil palestinien, élu le même jour. La participation est très élevée, en dépit de l’appel au boycottage lancé par les organisations hostiles aux accords de paix. Le Premier ministre Shimon Peres annonce que les 430 membres exilés du Conseil national palestinien (C.N.P.), organe suprême de l’O.L.P., sont autorisés à rentrer dans les territoires autonomes, y compris les représentants qui se trouvent en désaccord avec le processus de paix. La poursuite de celui-ci est subordonnée à l’amendement de la charte de l’O.L.P. par le C.N.P.

Le 11 février, Shimon Peres annonce la convocation d’élections anticipées afin d’avoir les mains libres pour négocier avec la Syrie.

Le 25 février, 2 attentats-suicides qui seront revendiqués par le Hamas, à Jérusalem et à Ashkelon, font 27 morts. Ces actions mettent fin à 7 mois de trêve. Ce sont les plus meurtrières depuis la conclusion des accords de paix, en septembre 1993. Shimon Peres durcit le ton à l’égard de l’Autorité palestinienne.

Le 3 mars, 19 personnes sont tuées dans un attentat-suicide à Jérusalem. Le 4, un nouvel attentat-suicide fait 12 morts à Tel-Aviv. Le gouvernement renforce les mesures de sécurité et multiplie les opérations de police. Le 28, il annonce le report sine die de l’évacuation d’Hébron, qui aurait dû s’achever le jour même.

Le 27 mars, le tribunal de Tel-Aviv condamne à la prison à vie Yigal Amir, qui avait assassiné Itzhak Rabin, en novembre 1995. Le 28, la commission d’enquête sur l’assassinat de l’ancien Premier ministre conclut à l’acte d’un homme seul.

Le 24 avril, le C.N.P., réuni pour la première fois sur le sol palestinien, à Gaza, supprime de la charte de l’O.L.P. tous les articles qui refusaient à Israël le droit à l’existence. Seuls sont absents Georges Habache, chef du F.P.L.P., et Nayef Hawatmeh, chef du F.D.L.P. Le 25, le Parti travailliste supprime de sa plate-forme électorale le principe de l’opposition à la création d’un État palestinien.

Le 29 mai, le chef du Likoud, Benyamin Nétanyahou, est élu Premier ministre par 50,4 p. 100 des voix. Il était opposé au Premier ministre travailliste sortant Shimon Peres. C’est la première fois que les Israéliens élisent leur Premier ministre au suffrage universel direct. Le programme de Benyamin Nétanyahou prévoit de nombreuses restrictions au processus de paix en cours. Les résultats des élections législatives traduisent un recul de la coalition de droite dominée par le Likoud (32 élus sur 120) et des travaillistes (34 sièges), tassement dont profitent les partis religieux (23 élus), les partis laïcs (6 sièges) ainsi que le nouveau parti des immigrants russophones (7 députés). À gauche, Meretz obtient 9 élus, tout comme les partis arabes.

Le 18 juin, Benyamin Nétanyahou prononce son discours d’investiture devant la Knesset. Il subordonne la reprise des négociations avec l’Autorité palestinienne au renforcement par celle-ci de sa collaboration en matière de sécurité; il rejette toute idée d’État palestinien, de partage de Jérusalem ou de restitution du Golan à la Syrie; il annonce le développement de la colonisation juive dans les territoires occupés ainsi que l’extension du Grand Jérusalem. Sa majorité repose sur l’alliance de la coalition de droite avec les partis religieux, le parti russophone et le Parti de la troisième voie. Les partis religieux obtiennent 4 ministères.

Le 2 août, le gouvernement supprime les restrictions imposées par son prédécesseur au développement des colonies juives en Cisjordanie et à Gaza.

Le 4 septembre, Benyamin Nétanyahou et Yasser Arafat se rencontrent pour la première fois à Erez, au point de passage entre Israël et le territoire autonome de Gaza. Les 2 hommes réitèrent leur engagement en faveur de l’application des accords de paix d’Oslo, tout en constatant leurs «divergences».

Le 24 septembre, des émeutes éclatent à Jérusalem-Est après l’ouverture d’un nouvel accès à un tunnel à vocation touristique qui passe sous l’esplanade des Mosquées. Les affrontements entre l’armée israélienne et les Palestiniens – policiers compris –, qui gagnent tous les territoires occupés et durent jusqu’au 27, provoquent la mort de 62 Palestiniens et de 14 soldats israéliens.

Le 6 octobre, lors de la reprise des négociations au sujet d’Hébron, les Israéliens reviennent sur l’accord conclu en septembre 1995 et posent de nouvelles conditions au redéploiement de leurs soldats

Le 8 octobre, le président Ezer Weizman reçoit Yasser Arafat dans sa résidence privée de Césarée.

En décembre, le gouvernement prend plusieurs initiatives en faveur de la relance de la colonisation juive dans les territoires occupés.

Le 11 décembre, un attentat revendiqué par le F.P.L.P. cause la mort de 2 colons. Benyamin Nétanyahou se rend aux obsèques des victimes.

Vie économique

En 1990, le gouvernement doit faire face à l’afflux d’immigrés en provenance d’U.R.S.S. Le budget de 1991-1992 est pour la première fois plus généreux pour les immigrants que pour la Défense.

En 1992, le gouvernement Rabin obtient des États-Unis la garantie d’emprunt de 10 milliards de dollars sur 5 ans pour le financement des infrastructures nécessaires à l’accueil des juifs de l’ex-U.R.S.S., garantie qui avait été refusée au gouvernement Shamir en raison de la poursuite des implantations dans les territoires occupés. Le ralentissement de l’immigration (400 000 personnes en 1990-1991, 45 000 seulement de janvier à août 1992) empêche une aggravation du chômage, dont le taux dépasse 11 p. 100. Le 8 septembre, le gouvernement adopte un budget qui se démarque de la politique suivie par le Likoud: le déficit est réduit; les projets de constructions dans les territoires occupés sont remplacés par un programme d’infrastructures à l’intérieur des frontières internationalement reconnues.

En 1993, l’accord conclu avec l’O.L.P. ouvre de très intéressantes perspectives sur le plan économique, mais à terme seulement. Le budget de 1994 maintient la Défense au premier rang des dépenses.

En 1994, la croissance de l’économie israélienne progresse fortement, entraînant une augmentation des salaires et un accroissement de la consommation et des importations. La banque centrale doit intervenir pour freiner les tendances inflationnistes. La politique budgétaire reste restrictive. La conclusion de la paix avec la Jordanie ouvre la voie à une étroite coopération économique.

En 1995, la mort d’Itzhak Rabin ne provoque pas de remous sur les marchés, la ligne politique et économique du Premier ministre assassiné étant maintenue par son successeur. L’expansion de l’économie, principalement due aux investissements, provoque un phénomène de surchauffe que les autorités monétaires tardent à enrayer.

En 1996, le regain de tension lié à l’élection de Benyamin Nétanyahou à la tête du gouvernement se traduit par un fort fléchissement du taux de croissance. Les investissements étrangers et les exportations chutent, tout comme les revenus du tourisme. Le déficit des paiements et le déficit budgétaire se creusent. L’inflation augmente.

Relations internationales

Le 30 mai 1990, l’armée israélienne déjoue une importante tentative d’infiltration par mer d’un commando du Front de libération de la Palestine, une des branches de l’O.L.P., d’Aboul Abbas.

Le 18 janvier 1991, au cours de la guerre du Golfe, destinée à libérer le Koweït de l’invasion irakienne (2 août 1990), des missiles Scud lancés par l’Irak tombent sur Tel-Aviv et Haïfa. Pressées par les coalisés, les autorités israéliennes acceptent de ne pas répondre à la provocation.

Du 20 au 23 mai, visite de Lech Wa face="EU Caron" ゥ きsa en Israël, la première d’un chef de l’État polonais. Devant la Knesset, il demande solennellement «pardon» pour la participation de Polonais à l’extermination de juifs par les nazis au cours de la Seconde Guerre mondiale.

Le 18 octobre, reprise des relations diplomatiques entre Israël et l’U.R.S.S., rompues depuis juin 1967.

Le 30 octobre s’ouvre à Madrid la réunion plénière de la Conférence de paix sur le Proche-Orient. Sont réunis les États-Unis, l’U.R.S.S., Israël, les Palestiniens (représentés par une délégation jordano-palestinienne), la Jordanie, l’Égypte, la Syrie, le Liban, la C.E.E.

Le 16 février 1992, l’aviation israélienne effectue au-dessus du Liban 3 raids de représailles. Les premiers visent 2 camps palestiniens. Le troisième détruit le convoi motorisé de Cheikh Abbas Moussaoui, secrétaire général du Hezbollah.

Le 21 juillet, Itzhak Rabin rencontre au Caire le président Moubarak, afin de renouer le dialogue entre les 2 pays, interrompu avec l’arrivée au pouvoir d’Itzhak Shamir.

Le 24 août s’ouvre à Washington la sixième session de négociations bilatérales entre Israël, les Palestiniens, la Jordanie, la Syrie et le Liban. La délégation israélienne admet la possibilité d’un retrait au moins partiel du plateau du Golan conquis sur la Syrie en 1967 et annexé en 1981.

Les 25 et 26 novembre, visite de François Mitterrand, 10 ans après celle, «historique», de mars 1982.

Le 9 avril 1993, les autorités israéliennes acceptent que Fayçal Husseini, numéro un de l’O.L.P. dans les territoires occupés, participe aux négociations de paix au sein de la délégation palestinienne. Les négociations de Washington, suspendues depuis l’expulsion des Palestiniens (déc. 1992), reprennent le 27. Le 29, le gouvernement autorise 30 des 1 700 Palestiniens expulsés depuis 1967 à revenir chez eux.

Le 9 juin, le Koweït met fin au boycottage des sociétés en affaires avec Israël, décidé par la Ligue arabe en 1951.

Le 9 septembre, Yasser Arafat signe la reconnaissance de l’État d’Israël et la renonciation de la centrale palestinienne au terrorisme, en présence du ministre norvégien des Affaires étrangères Johan Jorgen Holst, qui a fait office de médiateur dans les négociations secrètes entre Israël et l’O.L.P. Cette décision ainsi que le projet d’accord israélo-palestinien sur l’autonomie de Gaza et de Jéricho sont entérinés par le comité exécutif de l’O.L.P., réuni à Tunis. Le 10, Itzhak Rabin signe la reconnaissance de l’O.L.P. comme «représentant du peuple palestinien», toujours en présence de Johan Jorgen Holst. Le 13, à Washington, Shimon Peres, ministre israélien des Affaires étrangères, et Abou Mazen, membre du comité exécutif de l’O.L.P., signent la Déclaration de principes sur l’autonomie dans les territoires occupés, qui doit entrer en vigueur le 13 octobre; Itzhak Rabin et Yasser Arafat se serrent la main. L’armée israélienne doit quitter les villes de la bande de Gaza et de la région de Jéricho avant le 13 avril 1994, pour ne plus assurer que la sécurité des frontières et des implantations juives. Dans le même temps doit s’effectuer le transfert des pouvoirs aux autorités palestiniennes, qui disposeront de forces de police. Des élections doivent se dérouler avant le 13 juillet 1994. Des négociations doivent reprendre après 2 ans de régime d’autonomie (qui ne doit pas durer plus de 5 ans) afin de déterminer le «statut définitif» des territoires occupés. Le 23, la Knesset ratifie l’accord de paix, par 60 voix contre 50 et 8 abstentions.

Le 1er octobre, les 43 pays participant à la Conférence de soutien à la paix au Proche-Orient, organisée à Washington par les États-Unis, promettent aux Palestiniens une aide de 2,5 milliards de dollars sur 5 ans.

Le 6 octobre, au Caire, a lieu la première rencontre de travail entre Itzhak Rabin et Yasser Arafat, qui mettent en place les comités chargés de préparer l’application de l’accord.

Le 11 octobre, le Conseil central de l’O.L.P. ratifie la Déclaration de principes et entérine la création d’une «Autorité nationale palestinienne», présidée par Yasser Arafat, qui gérera les territoires jusqu’à l’élection d’un Conseil d’«autogouvernement».

Le 13 décembre, date prévue pour le retrait militaire israélien de Gaza et de Jéricho, Itzhak Rabin et Yasser Arafat, constatant au Caire leurs divergences, annoncent le report de l’échéance.

Le 30 décembre, Israël et le Vatican signent un «accord fondamental» qui prévoit la normalisation des relations et l’échange d’ambassadeurs, ce qui équivaut à une reconnaissance mutuelle.

Le 9 février 1994, Shimon Peres et Yasser Arafat signent, au Caire, un accord sur les questions de sécurité relatives à Gaza et à Jéricho (contrôle des points de passage entre Gaza et l’Égypte d’une part, Jéricho et la Jordanie d’autre part, qui sera assuré par Israël, et sur la sécurité, confiée à l’armée israélienne, de 3 zones de peuplement juif à Gaza).

Le 4 mai, Itzhak Rabin et Yasser Arafat signent, au Caire, avec 5 mois de retard sur le calendrier prévu, l’accord sur l’autonomie de Gaza et de Jéricho. Le 10, à Gaza, l’armée transmet ses pouvoirs à l’Autorité palestinienne. Les premières unités de la police palestinienne se mettent en place. Le 13, l’armée israélienne, Tsahal, quitte Jéricho.

Le 21 mai, l’armée israélienne enlève, au Liban, Moustafa Abou Ali Dirani, l’un des responsables militaires du Hezbollah, dont l’organisation détiendrait Ron Arad, le dernier Israélien fait prisonnier au Liban et qui serait encore en vie.

Le 15 juin, Israël et le Vatican annoncent l’instauration de relations diplomatiques complètes entre leurs 2 pays.

En juillet, plusieurs attentats meurtriers visent des objectifs juifs ou israéliens en Argentine, au Panama et en Angleterre. Jérusalem met en cause les extrémistes pro-iraniens.

Le 25 juillet, à Washington, le Premier ministre Itzhak Rabin et le roi Hussein de Jordanie, qui se rencontrent publiquement pour la première fois, signent une déclaration mettant fin à l’état de guerre entre leurs 2 pays qui durait depuis 1948. Les négociations menées sous l’égide des États-Unis avaient débuté le 18, sur la frontière israélo-jordanienne, au nord d’Akaba.

Le 29 août, Israël et l’Autorité palestinienne signent un accord sur l’extension de l’autonomie palestinienne à l’ensemble de la Cisjordanie. Restent à régler les conditions précises du redéploiement de l’armée israélienne et de l’organisation de l’élection du Conseil palestinien.

Le 1er septembre, Israël et le Maroc décident d’ouvrir des «bureaux de liaison» à Rabat et à Tel-Aviv. Le Maroc annonce également l’ouverture d’un bureau de liaison dans le territoire autonome de Gaza.

Le 14 octobre, le prix Nobel de la paix est décerné à Itzhak Rabin, Shimon Peres et Yasser Arafat.

Le 26 octobre, Israël et la Jordanie signent un traité de paix, sous l’égide des États-Unis, dans la vallée de l’Arava, entre la mer Rouge et la mer Morte. Après Le Caire en 1979, Amman est la deuxième capitale arabe à conclure une paix séparée avec Jérusalem.

Le 28 septembre 1995, Itzhak Rabin et Yasser Arafat signent, à Washington, l’accord sur l’extension de l’autonomie palestinienne à l’ensemble de la Cisjordanie conclu le 24 à Taba, en Égypte. Le texte prévoit l’évacuation de l’armée, dans les 6 mois, de Djénine, Tulkarm, Naplouse, Qalqiliya, Bethléem et Ramallah. Le redéploiement militaire ne sera que partiel à Hébron, où l’armée doit continuer à protéger les 450 colons juifs qui y sont établis. L’évacuation des zones rurales de Cisjordanie doit s’étendre jusqu’à mai 1997.

Le 13 novembre, l’armée quitte Djénine. Son redéploiement hors des grandes villes de Cisjordanie, Hébron exceptée, s’achève le 27 décembre avec l’évacuation de Ramallah.

Le 15 février 1996, Israël signe avec la Turquie un accord de coopération militaire.

Le 11 avril, l’aviation israélienne commence à bombarder des positions du Hezbollah au Liban. L’opération, baptisée «Raisins de la colère», fait suite à une recrudescence des accrochages dans la «zone de sécurité» instaurée dans le sud du pays. Le 18, le bombardement par l’artillerie israélienne d’un camp de la F.I.N.U.L., à Cana, où se trouvaient de nombreux réfugiés fait une centaine de morts dans la population civile. Le 26, les Premiers ministres israélien et libanais annoncent la conclusion d’un «arrangement» écrit, bâti sur le modèle de l’accord tacite de juillet 1993 qui avait mis fin aux précédents affrontements entre Jérusalem et le Hezbollah au Liban, et qui visait à limiter les opérations militaires dans la «zone de sécurité» afin d’épargner les civils. Un groupe de surveillance» composé des États-Unis, de la France, de la Syrie, du Liban et d’Israël est chargé de veiller à la mise en œuvre de l’arrangement. Le 27, le cessez-le-feu entre en vigueur.

Le 7 mai, l’O.N.U. rend public un rapport qui conclut au caractère probablement volontaire du bombardement du camp de réfugiés de Cana par l’armée israélienne. Le Conseil de sécurité ne donnera pas de suite à ce rapport.

Les 22 et 23 juin, les représentants de 21 pays arabes et de l’Autorité palestinienne, réunis en sommet au Caire, menacent de reconsidérer leur position à l’égard de l’État hébreu si celui-ci ne respectait pas «... les principes acceptés et garantis à la conférence de Madrid [...], et dont le principal est l’échange de la terre contre la paix».

Le 9 juillet, lors de sa première visite officielle aux États-Unis, Benyamin Nétanyahou maintient ses positions intransigeantes en ce qui concerne le processus de pais, opposant le principe de «la paix avec la sécurité» à celui, qui est soutenu par Washington, des «territoires contre la paix».

Le 18 juillet, se rendant au Caire – et pour la première fois dans un pays arabe – Benyamin Nétanyahou se dit prêt à «honorer les engagements» pris par son prédécesseur et à «engager immédiatement des négociations» avec la Syrie.

Le 21 juillet, au terme de 3 mois de négociations, Israël et le Hezbollah procèdent à l’échange de prisonniers et de corps de soldats tués au combat.

Les 1er et 2 octobre, Benyamin Nétanyahou, Yasser Arafat et le roi Hussein de Jordanie participent, à Washington, à un sommet convoqué par le président Bill Clinton en vue de relancer le processus de paix à la suite des affrontements israélo-palestiniens de septembre. L’annonce de la reprise des négociations concernant Hébron, le 6, en constitue le seul résultat.

Le 15 octobre, le roi Hussein de Jordanie est le premier chef d’État arabe à se rendre en visite dans un territoire palestinien, à Jéricho, où il apporte son soutien à Yasser Arafat.

Du 21 au 23 octobre, le président Chirac effectue une visite officielle en Israël. À Haïfa, il se prononce en faveur d’un État palestinien et défend le principe de la restitution du Golan à la Syrie. Lors de sa visite de la vieille ville de Jérusalem, il s’insurge contre le dispositif de protection que lui imposent les services de sécurité israéliens. Jacques Chirac est le premier chef d’État à s’exprimer devant le Conseil législatif palestinien, à Ramallah. Il se rend ensuite à Gaza, où il est accueilli dans la liesse.

Le 28 octobre, l’Union européenne nomme l’ambassadeur espagnol en Israël, Miguel Angel Moratinos, comme représentant permanent des Quinze dans le processus de paix. Vivement soutenue par l’Autorité palestinienne et la France, cette initiative est critiquée par Jérusalem et Washington.

Le 17 décembre, le président américain Bill Clinton qualifie la relance de la colonisation juive des territoires occupés d’«obstacle» au processus de paix.

Encyclopédie Universelle. 2012.

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